L'anesthésie expliquée aux enfants
Plus de 5000 enfants de moins de 16 ans dont 700 moins de 4 ans sont anesthésiés chaque année par les médecins de PHILEAS à la Clinique Jules Verne.

Découvrez un dessin interactif et une vidéo sur l’anesthésie expliqué aux enfants.
En vertu du Schéma Régional d’Organisation Sanitaire (SROS 3), la prise en charge des moins de 4 ans n’est pas autorisée dans tous les établissements. Du fait du référencement national de la Clinique Jules Verne comme Centre de prise en charge des fentes labio-palatines, conjointement avec le CHR de Nantes, nous bénéficions de la reconnaissance de cette expertise.
L’ensemble de l’équipe est apte à anesthésier un enfant, et ce, en toute sécurité. Certains, plus engagés, apportent leur expertise aux autres : affiliation à l’ADARPEF (Association des Anesthésistes Pédiatriques d’Expression Française), sessions universitaires de formation continue, formation diplômante en anesthésie pédiatrique.
La présence sur le site d’une maternité de niveau II (3000 accouchements annuels) permet un accès facile à l’avis de pédiatres présents sur place.
La présence également d’un personnel engagé auprès de l’association « les p’tits doudous de Jules Verne » permet d’offrir une approche douce, ludique et sereine aux enfants opérés et ce, à chaque étape de leur parcours.
La charte des droits de l’enfant est respectée.
Consultation d’anesthésie pédiatrique
Quelques jours avant la date de l’opération a lieu la consultation pré anesthésique. La présence d’au moins un des parents ou du tuteur légal est OBLIGATOIRE.
Dès la salle d’attente, vous avez à disposition un espace de jeux adapté, et des panneaux informatifs.
L’interrogatoire sur les antécédents personnels et familiaux est fondamental, avec en particulier la recherche de prématurité, de saignements faciles, d’asthme, d’allergies, de problèmes cardiaques.
Une rhino-pharyngite ou une bronchite récente doivent être signalées. Selon le type d’intervention, elles pourront nécessiter une préparation particulière voire le report de la chirurgie.
L’examen vérifie l’absence d’anomalie à l’auscultation.
Une information adaptée aux enfants et aux parents est donnée, avec présentation du masque d’anesthésie, remise de documents abondamment illustrés. Au cas où une perfusion serait utile en post opératoire, l’enfant est prévenu, avec des mots adaptés.
Un point important est l’autorisation d’opérer et d’anesthésier qui doit être signée par les deux parents ou détenteurs de l’autorité parentale.
L’information des pré adolescents et adolescents est bien sûr différente de celle des plus jeunes, et adaptée à leurs questionnements individuels.
Si une prise de sang est nécessaire, le laboratoire de la clinique situé au Rez de Chaussée Bas est habitué aux enfants. Le jeûne n’est pas nécessaire.
Le jour de l’intervention
Le jour de son hospitalisation, selon qu’il passe seulement la journée à la Clinique ou qu’il reste une nuit ou plus, l’enfant sera hébergé soit dans l’Unité de Chirurgie Ambulatoire (U.C.A. 1er étage ascenseur C) soit en service d’hospitalisation (en règle 3ème étage PTC ascenseur B). Avant l’âge de 5 ans, la présence parentale est indispensable si l’enfant reste la nuit à la Clinique.
Chacune des unités a aménagé un circuit adapté aux enfants, avec un personnel habitué à la prise en charge pédiatrique, des espaces de jeux et de rencontres pour les enfants et leurs parents.
Avant d’aller au bloc opératoire, l’enfant doit respecter le jeûne pré opératoire – en général 6h pour les aliments et le lait, 2 heures pour les boissons claires -. Il peut recevoir une préparation médicamenteuse destinée à prévenir la douleur post opératoire, ainsi qu’un patch anesthésiant cutané, et, si nécessaire, un anxiolytique. Une dernière vérification de l’état de santé de l’enfant sera effectuée par l’infirmière et/ou l’anesthésiste. Un report de l’intervention peut être envisagé si l’enfant présente des symptômes présentant un danger pour la sécurité de l’anesthésie (toux, encombrement respiratoire, fièvre, etc…).
Nous sommes organisés de façon à minimiser les délais d’attente entre le départ de la chambre et la prise en charge anesthésique. Nous disposons dans l’enceinte du bloc opératoire de deux salles de préparation à l’anesthésie, où le personnel, expérimenté et formé à la communication thérapeutique, leur propose des distractions – coloriages, livres illustrés, dessins animés, tablettes avec jeu interactif-. Le « doudou » habituel de l’enfant est le bienvenu, après un minimum de toilette bien sûr !
Il existe un équipement du bloc opératoire dédié et adapté aux enfants : matériel de surveillance cardio respiratoire, matériel d’anesthésie (masques, appareils de respiration, perfusions, réchauffement). Plusieurs chariots spécialisés (nourrisson, jeune enfant) sont vérifiés et utilisés quotidiennement.
Le déclenchement de l’anesthésie, dit induction, peut se faire avec le masque ou par injection. Nous laissons en règle le choix à l’enfant à partir de l’instant où il peut exprimer sa volonté.
Une question souvent posée est celle de la présence parentale, à l’induction. Dans l’état actuel de notre pratique, cette présence au sein même de la salle d’opération n’est pas autorisée. En effet, l’anesthésiste, concentré sur l’enfant, ne pourra pas gérer simultanément en cas de difficulté inattendue une émotivité parentale bien compréhensible.
Après l’intervention, l’enfant sera dirigé vers la salle de surveillance post opératoire, adaptée spécifiquement à ses besoins. Selon la disponibilité du personnel soignant et le désir des parents, la présence de l’un d’entre eux pourra être proposée.
Douleur post opératoire
La douleur post opératoire a fait l’objet d’une réflexion adaptée au sein du CLUD – Comité de Lutte contre la Douleur- de la Clinique, dont sont membres correspondants des infirmières, puéricultrices, aide soignantes proches des enfants (avec présence annuelle au congrès spécialisé Pédiadol). Des protocoles pédiatriques approuvés et révisés régulièrement par le CLUD sont prescrits à chaque type d’intervention par l’anesthésiste responsable.
L’évaluation de la douleur est faite grâce à des scores validés, qui dépendent du niveau de verbalisation de l’enfant.
Toutes les gammes de médicaments antalgiques pourront être utilisées, par voie buccale ou par la perfusion. La titration (dose adaptée au poids) est particulièrement importante chez l’enfant. Si nécessaire, la morphine sera employée, comme pour un adulte. Une administration continue des calmants dans la perfusion, par seringue automatique, peut être indiquée le premier jour.
Les techniques employant les anesthésiques locaux, qui endorment seulement la zone opérée, sont également volontiers utilisées, souvent en complément de l’anesthésie générale.
Les nausées et vomissements, quand ils surviennent, peuvent être combattus efficacement.
Certains pansements douloureux peuvent être effectués sous masque de MEOPA (protoxyde d’azote) sans qu’il soit nécessaire d’aller au bloc opératoire.
A tous les stades de la prise en charge anesthésique pédiatrique, l’information et la confiance de l’entourage jouent un rôle important.
